​Cependant, le pauvre homme se sent perdu... et fait ses dernières recommandations... Il connaît les sentiments de Julien pour sa fille et voudrait qu'il l'épouse. S'adressant à celle-ci, il lui demande tout bas si elle accepterait son cousin pour mari ?

La réponse ne vient pas ! En attendant, il explique l'attaque dont il vient d'être victime : blessé par « des chouins » venus piller le village, il allait succomber sans le secours de Julien arrivé à temps pour le défendre et l'emmener !

Françoise et émue, elle s'approche de son cousin qu'elle félicite et remercie.

Revenant alors à son idée de mariage, ,le père rappelle à sa fille la question qu'il lui a posé ? Mais celle-ci ne peut que lui dire la vérité : elle s'est promise à Jean qui lui a demandé de l'épouser.

Furieux, Jules Loisel repousse sa fille venue l'embrasser. Ce paysan n'est pas foncièrement méchant. Cependant, en ce moment tragique, sa haine contre les royalistes l'exaspère, il s'exclame : « Je te maudis si tu persiste à vouloir un Vendéen ! Un chouin ! Un gueux qui cherche notre bien ! »

Entendant ces paroles, Jean tient à protester, il déclare qu'on ne peut le comparer aux partisans du pays et fait savoir qu'il est le fils d'un propriétaire de la région de Cholet : le baron des Maugers.

Mais cette révélation, au lieu de calmer le paysan, ne fait que l'exciter ! Il crie à Julien : « Va chercher le maire qu'on arrête le ci-devant ! » Puis plus bas, il ajoute en retombant épuisé sur son lit : « Dis au curé de m'apporter le Bon Dieu  ! ».

Après le départ de Julien, Jean va préparer ses affaires. Revenu faire ses adieux à Françoise, il lui remet un bel écrin en or : c'est un souvenir de ma mère, dit-il avec émotion.

La jeune fille le prend et embrasse le portrait qu'il contient. Mais comme elle supplie son ami de ne pas partir ainsi la nuit ou de l'emmener, il répond qu'elle doit rester auprès de son père mourant... Déjà, il s'avance vers la porte, un mot d'espoir au lèvres, lorsqu'un cri rauque l'arrête !

C'est le père redressé dans un suprême effort, qui, d'une voix brève, hachée par la souffrance, l'appelle, déclarant pour le rassurer : « le Maire ne viendra pas ce soir ». Puis, cherchant son souffle, luttant de vitesse avec la mort qui déjà l'étreint, il reprend : « Les paroles que tu viens de dire sont d'un honnête gars ! Jure-moi de ne jamais attaquer la République ?

« Sans renier les idées des miens,j'en fais le serment », répond le Vendéen d'une voix forte.

Le vieux lutteur est satisfait. Il veut lever les mains pour bénir ses enfants et ne peut, hélas ! Que leur sourire... Mais, oh ! Comme il en dit long ce sourire d'un mourant ! Dépassant le cadre de cette salle, de ce pays, il recherche dans le temps et l'espace, la justice et la paix des hommes de bonne volonté. Naïf et bon sourire qui se pose pour finir sur le christ que lui montre le prêtre arrivé depuis quelques instants.

Après les prières et toilette funèbre, les deux jeunes gens expliquent au prêtre ce qui s'est passé et lui demandent conseil ? Celui-ci leur montre le danger de voyager à cette époque. Françoise déclare alors qu'elle connait un refuge, chez sa marraine des Orjus : la Nanette. Il est donc convenu que Jean passera la nuit à la cure et partira à l'aube dans cet endroit désert, près du bois.

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